Michel Bouvier, une passion pour l’art tribal d’Afrique

Une galerie d'art tribal à Châtel-Guyon, étonnant non ? Pas pour Michel Bouvier, le propriétaire de la galerie Art Tribal. Il trouve dans la commune une qualité de vie qu'il n'aurait « sans doute pas dans une plus grande agglomération » et peut ainsi y vivre sa passion pour l'Afrique, au fil de ses expositions et de diaporamas.

Michel Bouvier a longtemps habité à Londres et a travaillé dans la restauration jusqu'en 1995, date à laquelle il part pour la première fois faire un voyage en Afrique. C'est un véritable coup de foudre pour le Mali. Tout le fascine là-bas et en particulier les objets : masques, statuettes, tentures, mobilier… Il rentre définitivement en France en 1997 et se reconvertit dans le commerce et la collection d'objets africains. Au début, il vend des objets provenant de l'artisanat.

L'animisme est la croyance en une âme animant les êtres vivants, les objets et les éléments naturels 

Une rencontre avec un chercheur sur l'animisme va bouleverser sa vie. L'animisme est la croyance en une âme, une force vitale, animant les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu'en des génies protecteurs. C'est la religion principale affichée qui constitue toujours un pan essentiel de la spiritualité africaine.

De voyage en voyage, de rencontre en rencontre, Michel Bouvier finit par devenir autonome sur le marché de l'art africain, ayant appris à authentifier les objets et à en évaluer la valeur. Il se crée une véritable famille au Mali dans la ville de Ségou (ancienne capitale administrative) où l'âge d'une personne préfigure une certaine hiérarchie, que l'on soit noir ou blanc. Depuis 17 ans, ce Châtelguyonnais part au Mali deux fois par an, un mois l'été pendant la saison des pluies, et de décembre à fin février « pour échapper à l'hiver ici ».

Une famille malienne 

Il part retrouver sa « famille » malienne, ses amis et pour rapporter les trésors qu'il expose et vend dans sa galerie d'art ou qu'il garde chez lui. Là-bas, il ne va pas de village en village car c'est techniquement difficile : il lui faudrait un interprète permanent et surtout l'argent européen face à la misère de certains villages serait indécent. Il travaille donc avec ce qu'il appelle des « antiquaires » qui lui présentent ou lui prêtent même des objets maliens qu'il importe en France pour une clientèle relativement aisée, et qu'il expose dans sa galerie, située rue d'Angleterre à Châtel-Guyon.

« Réveiller les mémoires ». Telle est la difficulté sur place car les langues ont du mal à se délier et les informations sur les objets rares, non montrés par la population locale, hormis les boutiques de pièces africaines se trouvent au compte-goutte et au gré des rencontres.

La plupart des pièces provenant du Mali sont des « Bambara » (la langue la plus communément comprise au Mali).

Michel Bouvier quitte donc le pays brayaud en décembre pour y revenir mi-février où il promet une exposition d'objets nouvellement acquis, non seulement au Mali mais aussi au Cameroun et au Gabon.

Source La montagne